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Le SIDA et le Seigneur des Mouches par Bono

samedi 21 juin 2003 / par Allblue

Hier Bono s’est adressé au quotidien national Italien La Reppublica et a confié au journal ses réflexions sur la participation Europénne à la lutte contre le SIDA en Afrique :

"En cette fin de semaine, 15 leaders européens se rencontrent dans une cité maritime grèque. Sous le soleil torride on va discuter de façon enflammée de nombreuses questions brulantes : notre futur en Europe, notre sécurité, nos rapports avec le reste du monde. En cette fin de semaine, en Afrique vont mourrir 13000 personnes du SIDA. Sous le soleil torride, leurs corps seront déposés à côté des 17 millions de corps déjà ensevelis. Ces personnes n’ont pas eu de futur à discuter, elles n’ont pu jouir de la sécurité, leur rapport avec le reste du monde sont l’irrévocable signe que quelque chose, quelque part ne fonctionne pas. Pas du tout.

Dans les pays d’Afrique les plus touchés, l’espérance de vie est en train de descendre en dessous des 30 ans : l’épidémmie de SIDA moissonne ses victimes parmi les plus sains, les plus forts, les plus productifs membres de la société. Quand ces individus mourront, s’éteignant par manque de médicaments que nous donnons au compte goutte ils emporteront avec eux leur capacité à produire des revenus, leur capital humain. Ils laisseront derrière eux leurs enfants. Si la façon dont nous réagiront ne sera pas à la hauteur de la gravité de cette crise, avant la fin de cette décennie, en Afrique il y aura au moins 25 millions d’orphelins du SIDA.

Il faut s’attendre à un syndrome du "Seigneur des Mouches" : des enfants élevés par d’autres enfants. Indépendamment de cette inconcevable tragedie humaine, il est difficible de ne pas imaginer quelles implications aura sur la sécurité la destruction des familles africaines, de l’économie africaine, de l’espérance africaine. Bien que les responsable du 11 septembre étaient en grande majorité des saoudiens très riches qui cherchèrent refuge en Afghanistan, un état en totale décomposition, en Afrique il pourrait y avoir en théorie des dizaines d’Afghanistan.

Lorsqu’en Grèce les leaders chercheront à cicatriser les blessures diplomatiques infligées par la guerre en Irak, ils discuteront entre eux de la menace de terrorisme globale. Dans ce contexte, ils ne pourront ignorer la menace pour la sécurité que constitue la pauvreté globale. La pauvreté qui se nourri de rancoeur, rancoeur non tant du fait que notre charité s’est éffritée dans l’espace de vingt ans mais plutôt du fait de notre injuste comportement comme la réforme du commerce, comme l’annullation de la dette. Ce sont des thème qui attenant à la justice. Tandis que nous sommes au point mort et ne faisons aucun progrès dans ce sens, le SIDA rend toujours plus incomblable l’existent, menace le développement économique et politique, rend les pays pauvres encore plus pauvres.

Le président du Conseil Berlusconi revêt un rôle décisif dans ce domaine. Ce fut justement sous l’impulsion de l’Italie qu’en 2001, au sommet du G8 de Gènes, fut institué le fond mondial pour la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Ceci est seulement l’un des mécanismes avec lequel on peut lutter contre le SIDA, mais c’est celui sur lequel se concentrent des millions d’espoirs. Les italiens ont été généreux, contribuant au fond mondial, toutefois afin que l’on arrive à des résultats dont le monde a besoin, il faut encore plus d’argent.

Les Etats Unis pour l’an prochain ont offert un milliard de dollars au fond mondial (partie d’une initiative plus vaste pour l’Afrique qui atteindra 15 milliards de dollars sur les prochains cinq ans) mais c’est seulement si les autres pays du monde donneront autant. Au cours de cette phase historique, une contribution équivalente des pays européens d’un milliard de dollars est déterminante. Et c’est faisable, malgrè une crise économique et un déficit en augmentation dans beaucoup de pays.

L’Italie vient juste d’annoncer une contribution de cent millions de dollars et la France a triplé la sienne. Sur la base de ces prémisses nous avons parcourus déjà un bout de chemin. En cette fin de semaine nous devons pouvoir entendre que les autres pays membres de l’union européenne augmenteront leur contribution. Le premier ministre Berlusconi et le président Prodi devront collaborer pour rendre cela possible en particulier en considération du fait que le gouvernement italien se prépare à assumer la présidence de l’union en juillet.

C’est bien de la dire clairement : c’est le minimum que nous devons faire. Selon les experts le prix à payer pour vaincre l’épidémie de SIDA et les autres maladies est de l’ordre de 10 milliars de dollars par an. C’est un chiffre considérable mais est-il trop élevé si l’on se réfère à ce que l’on pourrait obtenir avec ? Cet investissement pourrait éviter la mort de trois millions et demi d’Africains chaque année, il pourrait consentir la guérison de 13 millions d’enfants africains, orphelins du SIDA, il pourrait éviter que l’inconcevable chiffre de trente millions de personnes contracte l’HIV.

Si de la même façon nous parlions de ces tragiques chiffres mais en se référant aux morts d’un pays européen, la communauté mondiale n’hésiterai pas à trouver l’argent. Ils n’existerai plus d’excuses. Pour autant que penseront les africains sachant que nous occidentaux avons des médicaments qui pourraient sauver leurs vies et que nous ne les mettons pas à leur disposition ? Qu’éprouve t-on quand on sait que ses enfants vivront et deviendront adultes et auront la possibilité de réaliser leurs rèves mais uniquement grace à une chance géographique ? Comment nous jugera l’histoire si ayant les moyens d’affronter cette épidémie nous nous abstiendront de le faire ? Et que signifiera ne pas l’avoir fait ? Qu’en sera t-il de nos idéaux d’égalité ? et de notre civilité ?

Le médicaments sont une demande importante de quelque chose que nous savons bien faire en occident. Ils peuvent diminuer la possibilité de transmission du virus d’une mère à son enfant. Les médicaments anti-rétrovirus amorcent ce que l’on appele l’"effet lazzare" : en seulempent trois mois un malade peu passer de l’état de mourrant a retourner au travail. Pas mal comme résultat pour un investissement égal à un dollar par jour, le prix le plus bas actuellement pour ces médicaments.

En cette fin de semaine si elle s’engage pour un milliar de dollars par an dans le fond mondial, l’Union Européenne démontrera sa faculté à exercer son leadership bien au delà de nos frontières en expansion. Elle le démontrera au Malawi où j’ai vu les gens faire la queue pour entrer dans un hopital et mourrir à trois dans un lit et un par terre. Elle le démontrera à l’Ouganda où le taux de contamination du SIDA s’est stabilisé grace aux programmes positifs qui ont été financés, mais où des villages entiers sont habités par des familles composées seulement d’enfants qui luttent pour survivre. Elle le démontrera à l’Etiopie où une mère sur cinq est aux prises avec l’inconcevable conscience qu’au lieu de donner la vie à son enfant à peine né elle lui transmet également la condamnation capitale signée SIDA.

Le virus a été découvert en 1883. Vingt ans après le coût de notre inertie est attrocement clair, en terme moral, économique et financier. Quelque chose, quelque part n’a pas fonctionné. Pas du tout. Aujourd’hui nous devons commencer à mettre la machine en route."

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